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15-3-2011 01:00 | Par www.psy.be

La dépression a-t-elle du sens ?



La dépression a-t-elle du sens ?

La dépression a-t-elle du sens ?
Nous sommes tous, peu ou prou, en proie à certains moments de notre vie à des hésitations, des doutes, des questionnements qui donnent une apparence d'inefficacité, de renfermement.

Il s'agit le plus souvent d'un moment de repli nécessaire pour réfléchir, peser le pour et le contre avant de prendre des décisions. Cela ne signifie pas nécessairement que nous sommes dépressifs, mais cela peut nous permettre de comprendre la dépression comme une forme plus radicale de repli qui se manifeste à la faveur d'événements qui le justifient ou non, et qui persiste au-delà d'un certain délai. Comme si, pour ces personnes déprimées, toute initiative, tout choix, ou toute confrontation pouvaient s'avérer dramatiques dans leurs conséquences.

Loin d'être considérées comme baisse de régime liée à une carence ou une défectuosité quelconque (il s'agirait alors de la regonfler, comme un pneu plat), les différentes formes de dépression seraient l'expression toujours personnelle d'un combat singulier entre des forces à la fois extrêmement agissantes, mais s'annulant mutuellement. Tout comme les grandes puissances se tenaient en respect au temps de la guerre froide de peur de déclencher des hostilités dévastatrices, l'inhibition de la dépression, qui s'observe aisément dans le ralentissement de la pensée ou de l'action, renvoie à une forme de gel de toute initiative, vécue par la personne dépressive comme comportant de grands risques.

Il faut accepter que la personne dépressive a peut-être ses raisons de l'être. Pour elle-même, pendant un temps qui nous semble souvent trop long, la dépression peut être protectrice. Chez certaines personnes, des moments d'abattement profond alternent avec des moments de grande frénésie et d'agitation : le risque de passage à l'acte, notamment suicidaire, est alors beaucoup plus important. La dépression a son mot à dire et il s'agit de ne pas rater son message en restant dans la solitude et l'isolement. Elle est une expérience qui a sa source dans la relation à l'autre - à l'origine parfois de traumatismes, parfois de malentendus ou d'erreurs d'interprétations - et seule la relation à l'autre peut donner un sens nouveau à l'histoire de la personne en souffrance, remobiliser les énergies, les élans, et les rendre à nouveau ou enfin disponibles pour les réalisations personnelles.

Décider de soigner sa dépression, c'est s'engager à des remaniements psychiques profonds pour " sortir du tunnel ". Ce qui implique une mise à plat des conflits et des enjeux qui prend du temps. Le temps. Voilà bien aussi ce qu'il faut se donner comme moyen. Prendre le temps, sortir de l'impatience ambiante qui a pour effet paradoxal de nous le faire perdre.

Le désir conscient de s'en sortir (qui peut s'accompagner d'un désir inconscient de ne pas s'en sortir), l'acceptation de l'aide d'autrui et le temps que l'on se donne : voilà trois ingrédients essentiels pour entamer ce chemin plein d'embûches vers la compréhension et le dépassement de nos conflits internes.

Isabelle Lafarge
Psychologue, psychothérapeute

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7Commentaires
19-04-2010 21:34
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s'il y a "baisse" du désir, on appelle cela la détumescence.

C'est le retour à l'état de flaccidité, c'est physiologique,

comme le signal d'une cassure inopinée de l'excitation,

mettant par la-même un terme prématuré aux opérations en cours.

Tout s'passe dans la tête ... il faut sublimer !

19-04-2010 16:22
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Formidable à ceux qui ont lu du début à la fin.

Heureusement que des spécialiste puissent étaler au grand jour leur savoir.

Comme c'est long , on passe à coté pour voir plus court et ou le plaisir est à la portée de clavier.

19-04-2010 10:59
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Houp, sa fait très mal de lire ça, dure mais tellement juste. Ses quelques lignes, c'est comme si, il racontait la vie que j'ai vécu pendant 17 ans. Marié, deux enfant, une belle maison, du boulot pour tous les deux, que du bonheur!!!

Et pourtant, en réalité, j'était seul et malheureux, dès que je l'approchais, elle me repoussait, plus possible de parler de quoi que se soit, c'est devenu un véritable enfer.

J'ai attendu que mes enfants soient en âge de comprendre (un peu plus ) et j'ai tout quitter. Mais, je reste seul et malheureux car les blessures interne ne se refermerons jamais. Je ne ferai plus jamais confiance ( femmes ), je préfère rester seul. Sa fait des années que je vie l'abstinence que je n'en recent même plus le besoin et puis j'ai douté tellement de moi que je me demande si je serais capable d'avoir encore des relations sexuelles normal. Ne faite pas comme nous, vous DEVEZ en parler, si non, vous

le regretterai tout le reste de votre vie.

19-04-2010 08:47
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Bien dit Degga ... Moi aussi je me contrôle, et avec succès ...  J'ai arrêté de fumer du jour au lendemain, il y a 8 ans de ça. Et je n'éprouve aucune difficulté, ni d'état de manque. Mieux, depuis, ma "libido" est revenu en force ... Et Hop là Clin d'œil
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La dépression a-t-elle du sens ?www.psy.bewww.psy.be(©Copyright (c) Psy.be 2011, All Rights Reserved.)2011-03-15T00:00:002011-03-15T00:00:00La dépression a-t-elle du sens ?Nous sommes tous, peu ou prou, en proie à certains moments de notre vie à des hésitations, des doutes, des questionnements qui donnent une apparence d'inefficacité, de renfermement. Il s'agit le plus souvent d'un moment de repli nécessaire pour réfléchir, peser le pour et le contre avant de prendre des décisions. Cela ne signifie pas nécessairement que nous sommes dépressifs, mais cela peut nous permettre de comprendre la dépression comme une forme plus radicale de repli qui se manifeste à la faveur d'événements qui le justifient ou non, et qui persiste au-delà d'un certain délai. Comme si, pour ces personnes déprimées, toute initiative, tout choix, ou toute confrontation pouvaient s'avérer dramatiques dans leurs conséquences.Loin d'être considérées comme baisse de régime liée à une carence ou une défectuosité quelconque (il s'agirait alors de la regonfler, comme un pneu plat), les différentes formes de dépression seraient l'expression toujours personnelle d'un combat singulier entre des forces à la fois extrêmement agissantes, mais s'annulant mutuellement. Tout comme les grandes puissances se tenaient en respect au temps de la guerre froide de peur de déclencher des hostilités dévastatrices, l'inhibition de la dépression, qui s'observe aisément dans le ralentissement de la pensée ou de l'action, renvoie à une forme de gel de toute initiative, vécue par la personne dépressive comme comportant de grands risques.Il faut accepter que la personne dépressive a peut-être ses raisons de l'être. Pour elle-même, pendant un temps qui nous semble souvent trop long, la dépression peut être protectrice. Chez certaines personnes, des moments d'abattement profond alternent avec des moments de grande frénésie et d'agitation : le risque de passage à l'acte, notamment suicidaire, est alors beaucoup plus important. La dépression a son mot à dire et il s'agit de ne pas rater son message en restant dans la solitude et l'isolement. Elle est une expérience qui a sa source dans la relation à l'autre - à l'origine parfois de traumatismes, parfois de malentendus ou d'erreurs d'interprétations - et seule la relation à l'autre peut donner un sens nouveau à l'histoire de la personne en souffrance, remobiliser les énergies, les élans, et les rendre à nouveau ou enfin disponibles pour les réalisations personnelles.Décider de soigner sa dépression, c'est s'engager à des remaniements psychiques profonds pour " sortir du tunnel ". Ce qui implique une mise à plat des conflits et des enjeux qui prend du temps. Le temps. Voilà bien aussi ce qu'il faut se donner comme moyen. Prendre le temps, sortir de l'impatience ambiante qui a pour effet paradoxal de nous le faire perdre.Le désir conscient de s'en sortir (qui peut s'accompagner d'un désir inconscient de ne pas s'en sortir), l'acceptation de l'aide d'autrui et le temps que l'on se donne : voilà trois ingrédients essentiels pour entamer ce chemin plein d'embûches vers la compréhension et le dépassement de nos conflits internes.Isabelle LafargePsychologue, psychothérapeuteLa dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?La dépression a-t-elle du sens ?